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Alfredo Mayo -
1935 El ciento trece (Le 113) |
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![]() Programme simple "El 113" (1936) |
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Mise en scène : Raphael J. Sevilla (directeur technique) Ernesto Vilches (directeur artistique) Scénario: Ernesto Vilches, Domínguez Tejedor, Alfredo Miralles Histoire : basée sur des faits réels Photographies : William H. Clothier, Andrés Pérez Cubero Musique: José Padilla Producteur : Ediciones Cinematográficas españolas Diffusé par Herrera Oria Durée : 79 minutes Tournage en 1935 studios Madrid et à Aranjuez et alentours Sortie en 1936 Barcelone: avril 1936 |
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![]() Programme double (intérieur) "El 113" (1936) |
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Distribution |
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o-o-o-o-o L'histoire Le film Les réalisateurs et les acteurs Conclusion o-o-o-o-o |
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1.- Résumé du film 1.1.- Le contexte Alors que l’archiduc d’Autriche-Hongrie, François-Ferdinand vient d'être assassiné à Sarajevo (28 juin 1914) et que l’homme politique français, le socialiste partisan de la paix, Jean Jaurès a été tué à Paris le 31 juillet, la France entre en guerre le 1er août contre l'Empire allemand, c'est le début de la 1ère guerre mondiale. 1.2.- Les protagonistes Au même moment un certain
Albert Lemur est poursuivi par des sbires qui se
réjouissent de l’assassinat de Jaurès
et ne veulent
pas en rester là. Lemur veut quitter la France
pour leur
échapper mais d'abord il passe voir sa petite fille Gilberte
qui
est éduquée dans un pensionnat (Le
Sacré
Cœur) de la petite ville frontalière d'Andelys.
Envisageant sa mort, Lemur confie sa fille à une
maîtresse, Mme Thérèse Dupont.
C'est aussi la mobilisation générale, Jean Durand ( Ernesto Vilches ), un sous-officier de réserve qui vit dans la même ville quitte sa épouse Martine (Virginia Zurí) et sa petite fille Suzanne (Juanita Poveda) pour rallier son régiment. Très vite il se porte volontaire pour une mission de reconnaissance qui va lui permettre (sans autorisation) de passer voir sa famille. En faisant le détour par un bois il se porte au chevet de Lémur qui vient de recevoir un coup de pistolet tiré par un malfrat patibulaire nommé Tadeus Simon (Francisco A. de Villagómez) . Le Sergent Durand réussit à blesser à son tour le bandit mais ne peut l'arrêter. Albert Lemur avant de mourir confie à Durand de l’argent et des bijoux à remettre à sa fille Gilbert. Durand retrouve sa femme et lui demande d’accomplir les dernières paroles du mourant à sa place car il doit maintenant terminer sa mission pour laquelle il a été autorisé à quitter son régiment. De retour au campement militaire il rend compte au colonel Proust des positions des Allemands. Mais bientôt les autorités civiles viennent accuser Durand d’avoir tué sa femme dans un moment d’égarement lié à la jalousie, l'un de ses défauts bien connus de son entourage. Tous l’accablent même sa petite fille qui malgré elle avoue qu’elle ne l’a pas vu mais l’a entendu parler à sa maman. Néanmoins compte tenu de son action héroïque d’éclaireur dans les lignes ennemies, la peine de mort est commuée en condamnation au bagne à perpétuité. Durand est incarcéré à Toulon. |
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1.3.- Vingt ans après... |
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| 1.4.- De
nouvelles menaces
Quant à Suzanne Proust, elle est en réalité la fille de Jean Durand. Elle a été adoptée par Mme Proust, la femme de l'ancien supérieur de Durand devenu général, car Martine Durand était avant son mariage la femme de chambre de la générale. Suzanne a tout oublié de sa première vie si ce n'est qu'elle fait parfois des cauchemars où elle se rappelle d'un soldat lui disant adieu. Marcel, s'inquiète pour sa fiancée mais il se retrouve de nouveau au prise avec ses ouvriers grévistes. Malgré une réunion de concertation entre la compagnie de chemin de fer, l'administration et les représentants ouvriers, la situation reste bloquée. L'administration envoie alors une centaine de prisonniers (!) pour poursuivre le chantier. Marcel peut par la suite prendre une journée de congé au bord de la rivière avec un autre jeune ingénieur Héctor, ainsi bien sûr que Suzanne et Gilberte. Au retour ils doivent passer par le chantier et ils rencontrent le bagnard matricule 113 alias Jean Durand qui reconnaît sa fille mais voulant se rapproche d'elle il est repoussé par Marcel Brichot puis brutalisé par un gardien et il tombe et se blesse. Les jeunes gens s'éloignent sans qu'éclate la vérité. |
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1.5.- Mais
tout est bien qui finit bien
Tadeus
Simon
pour toucher le magot se fait passer pour le
père de Gilberte. Mais il est démasqué
par Jean Durand qui a obtenu l'autorisation de venir voir sa fille qui
le reconnaît enfin. Libéré, il sera
ensuite
réhabilité et promu au grade de
lieutenant sur le
front des troupes au Champs de Mars à Paris.
Gilberte devenue riche épousera Héctor
et Suzanne
célébrera ses noces avec l'ingénieur
Marcel Brichot ( Alfredo
Mayo).
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![]() Et Jean Durand ( Ernesto Vilches) finit par démasquer le faux Albert Lemur |
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"El 113" est la première adaptation cinématographique parlante de l'oeuvre théâtrale " El soldado de San Marcial " écrite en 1885 par Valentín Gómez (1843 - 1907) en collaboration avec Félix González Llana (1850-1921). Il s'agissait à l'origine d'un drame en cinq actes retraçant une cause réelle, celle d'un sergent pendant la guerre d'Espagne contre les troupes de Napoléon, qui avait été accusé d'avoir tué un comte alors qu'il l'assistait au contraire au moment de son agonie.
2.2.- Les premières adaptations cinématographiques
En 1914 le génial pionnier espagnol du 7ème art Fructuoso Gelabert accompagné de José de Togores avaient tourné "El cuervo del campamento" avec Enrique Guitart (père). Cette version transposait l'histoire du sergent pendant les guerres carlistes. Certaines sources citent encore " El calvario de un héroe" (1915) de Adrián Gúal comme adaptation filmée de l'oeuvre théâtrale initiale. Magín Muriá réalisera une dernière version muette : "El soldado de San Marcial", toujours en 1915.
2.3.- La version de 1935
Qualifiée de drame héroïque, la version de Vilches se veut donc plus "moderne". Elle donne une note contemporaine à l'histoire qui est située curieusement en France (Tout au moins pour nous, plus de sept décennies plus tard, mais cela montre peut-être que la France à l'époque était un pays capable de donner un certain exotisme à un film). Notons que les protagonistes ont des noms plutôt français mais que les prénoms restent espagnols dans l'argumentaire donné par la "semana cinematográfica". La guerre de quatorze durant laquelle l'Espagne a pu se tenir à l'écart y est évoquée, de même que l'héroïsme de l'armée française, mais aussi les préoccupations sociales avec un hommage appuyé à Jean Jaurès. Les désordres qu'entraînent les revendications sociales ne semblent pas néanmoins être portées en exemple et même s'ils permettent le bon déroulement du film avec l'arrivée providentielle du bagnard matricule 113, l'ingénieur Brichot voudrait bien pouvoir terminer son chantier malgré les grèves. On est donc loin des films du Front Populaire français qui ont fait la gloire de réalisateurs comme Renoir, Duvivier ou Carné. D'autant que la façon romanesque et assez artificielle (*) dont est traité le film le rapproche plus du cinéma muet qui avait fait la gloire de Vilches à Hollywood. ( *) La condamnation au bagne de Toulon, l'envoi de prisonniers pour remplacer des grévistes : est-ce possible en France à cette époque même si le bagne de Cayenne en Guyane française existait encore? 3.- Les réalisateurs et less acteurs
Ernesto
Vilche, qu'on ne présente plus,
est le réalisateur artistique et interprète également le rôle central du film, le bagnard
Matricule 113, autrefois connu sous le nom de Jean Durand.
Raphael J. Sevilla, le metteur en scène pour la technique, né 1905 à Mexico (et décédé dans la même ville en 1975) a déjà dans son pays quelques films dont il a écrit lui-même les scénarios, comme "Más fuerte que el deber" (1931); "Juárez y Maximiliano" 1934, avec le Cubain Enrique Herrera dans le rôle du souverain et Medea de Novara (née en 1905 à Vaduz, principauté du Liechtenstein), dans celui de son épouse. "El ciento trece" est le 7ème film de Sevilla sur une filmographie qui en comptera 39, c'est son seul titre réalisé à l'étranger et en Espagne. Ce réalisateur mexicain terminera sa carrière derrière une caméra en 1963. Nous notons également dans la distribution Virginia Zurí (d'origine mexicaine ?) et la madrilène Marina Alcañiz, deux actrices qui travaillèrent dans les premiers films hispaniques parlants tournés à Hollywood où elles ont bien connu Vilches. Nous pouvons également citer Cecilio Rodríguez de la Vega qui incarna à l'écran l'un des premiers don Juan espagnol dans "Don Juan Tenorio" (1908) du pionnier espagnol Ricardo de Baños. La jeune Luchy Soto (1919-1970), fille des grands comédiens Guadalupe Muñoz Sampedro et Manuel Soto, future épouse de Luis Peña, poursuit une carrière commencée en 1933 avec " La bien pagada" suivie de" Crisis mundial" (1934) de Benito Perojo, avec Antoñita Colomé et Fernando Freyre de Andrade. L'année suivante elle retrouvera Alfredo Mayo dans Las tres gracias puis, en 1941, dans Sarasate, Escuadrilla, et ¡Harka! Nous trouvons également dans le générique le nom de Moisés Raigor. Il s'agit probablement de Moisés Raigorodsky dit le petit russe et dont nous avons découvert l'incroyable biographie sur le blog http://cubanosenlaguerracivil.blogspot.com/ qui donne comme référence "Cuba y la defensa de la República Española", 1º edición, Instituto de Historia del Movimiento Comunista y de la Revolución Socialista de Cuba, Editora Política, La Habana, 1981. Moisés est donc un Russe d'origine juive né à Odessa en 1914, émigré avec sa famille à Cuba quand il était encore petit. Devenu dramaturge et musicien mais déjà militant communiste dans les années trente dans son nouveau pays, il doit s'exiler et il se réfugie en Espagne en 1934. Ayant connu Vilches alors que celui-ci était en tournée à La Havane avec sa compagnie théâtrale, il sollicite le cinéaste qui lui offrit un petit rôle dans "El 113" pour lui permettre de survivre. Moisés Raigorodsky meurt pendant la guerre civile espagnole en combattant du côté républicain. C'est une fillette d'à peine cinq ans, Juanita Poveda , l'interprète de la petite Suzanne. Nous vous racontons son incroyable vie digne d'un film et en exclusivité pour www.don-alfredo-mayo.com dans la page Juanita Poveda qui lui est consacrée dans notre rubrique Histoire et cinéma Le film "El 113" dont la première semble avoir eu lieu à Madrid début 1936 (avec une sortie à Barcelone en avril de la même année) a eu une carrière particulièrement écourtée dans une Espagne déjà pré-insurrectionnelle. Le réalisateur Ernesto Vilches va d'ailleurs quitter son pays natal au début de la guerre civile (18 juillet 1936). Mais nous avons bien sûr Alfredo Mayo dans sa première apparition à l'écran. Déjà notre acteur préféré montre sa forte personnalité en jouant un jeune premier plein de charme et d'énergie. Et lui qui n'est pas un enfant de la balle comme beaucoup d'autres jeunes acteurs espagnols de l'époque, réussit néanmoins avec brio son examen de passage même s'il dira par la suite et avec beaucoup de modestie que c'est parce qu'il avait le physique de l'emploi qu'il avait été choisi. Après " El 113", Alfredo Mayo devenu une vedette à part entière du grand écran, part au début de l'année 1936 au Portugal pour tourner Las tres gracias de José Leitão de Barros. Quant à nous, bien sûr que notre rêve serait d'avoir dans notre filmothèque idéal "El ciento trece", pour nous un vrai trésor, le premier des premiers films d' Alfredo Mayo ! Malheureusement les bobines du film semblent aujourd'hui définitivement perdues. o-o-o-o-o
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| Page créée en 2006 - Dernière mise à jour : 15 mai 2009 | ||||
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