La guerre d'Espagne au cinéma

(1808-1814)


La guerra de independencia y el cine
The Peninsular War  by the cinema
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La guerre d'Espagne (1808-1814) au cinéma

I .- Rappels sur le contexte historique

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La guerre d'Espagne (1808-1814) au cinéma


Si la révolution française de 1789 fait l'objet aujourd'hui  de bilans de plus en plus nuancés et bien moins laudatifs au vu des terribles théories et régimes mortifères qu'elle a engendrés à court terme puis tout au cours du vingtième siècle, il est certain qu'elle a été catastrophique tant pour le royaume de France que pour celui d'Espagne face à une future hégémonie britannique puis anglo-saxonne. Et pourtant en 1788 les navires de charge français transportent le même pourcentage du trafic marchand mondial que les navires britanniques. L'Espagne, malgré son affaiblissement, conserve d'immenses territoires qui vont de l'Amérique du nord (de l'Orégon à la Floride) jusqu'à la terre de Feu et au détroit de Magellan, en passant par l'Afrique et l'Asie (Îles Philippines, Mariannes). Les deux pays à la brillante civilisation et à la même foi catholique sont gouvernés respectivement par Louis XVI et Charles IV, des cousins,  qui ont pour proches aïeux communs Louis XIV de Bourbon et  Marie-Thérèse d'Autriche (fille de Philippe III d'Espagne),  et  leurs ancêtres ont façonné une grande partie de l'histoire de l'Europe depuis le Moyen-Âge.


À l'avènement du consulat puis de l'empire, l'Espagne qui a un grave différend avec l'Angleterre (la récupération de Gibraltar est d'autant plus d'actualité) reste l'alliée de la France. Par le traité de Saint-Ildefonse (1er octobre 1800), l'Espagne a accepté de mettre sa flotte à la disposition de la France. Cette alliance mène les deux pays et leurs marines  respectives (*)  sous le commandement de l'amiral française Pierre, Charles, Sylvestre de Villeneuve  à la terrible bataille du cap Trafalgar  - au large de Cadix - Andalousie - 21 Octobre 1805.

(*) La marine française, armée particulièrement technique,  et dont de nombreux officiers ont du s'exiler, furent tués ou évincés  dès le début de la révolution française,  n'est plus que l'ombre de la marine voulue et réalisée par Louis XVI. La marine espagnole quant à elle,  dans un pays déjà affaibli avant-guerre, est sous-équipée. Avant même Trafalgar Villeneuve (Il se suicidera à Rennes en 1806) est sévérement jugé par les officiers de la marine espagnole dont Cosme de Churruca, commandant du Saint Jean Népomucène. À la bataille de Trafalgar, les pertes, d'environ 400 hommes du côté anglais dont l'amiral Horatio Nelson, seront dix fois plus importantes du côté franco-espagnol.
En 2005 le Grande-Bretagne a célébré avec un grand éclat le bicentenaire de Trafalgar en organisant à Portsmouth et devant sa souveraine Elisabeth II, une gigantesque revue navale où furent présents des navires de guerre et voiliers écoles de très nombreux pays. La Marine Royale Espagnole et la Marine Nationale (France) dépêchèrent leurs plus beaux navires dont le Porte-Aéronefs espagnol "Príncipe de Asturias" et le Porte-Avions français "Charles de Gaulle". Le chef d'état-major de la marine française devant l'incompréhension de certains justifiera la participation française en affirmant "qu'il voulait résolument regarder non pas le passé mais l'avenir"!



Le désastre de Trafalgar



Combat du cap de Trafalgar - Oeuvre réalisée en 1903 par Ángel Cortellini Sánchez (1858-1912)


Mort  de Cosme de Churruca (*), commandant le navire Saint Jean Nepomucène,
par  Eugenio Álvarez Dumont, Musée du Prado


(*) Pour mémoire, c'est le nom que porte le héros du célèbre film " Raza " (1942)  de José Luis Sáenz de Heredia   Cosme Damián Churruca y Elorza (Motrico, Pays Basque espagnol, 27-09-1761), fut un scientifique et officier de marine espagnol qui se distingua à la bataille de Trafalgar comme commandant du navire de ligne le "Saint Jean Népomucène", à bord duquel il trouva la mort.

II.- Le 2  Mai 1808 et la guerre  d'Espagne (1808-1814)

Le roi d'Espagne, Charles IV, monté sur le trône en 1788, (déjà discrédité mais dont l'influence de son ministre Godoy est jugée encore plus particulièrement néfaste ), a du abdiquer à la suite des émeutes d'Aranjuez en mars 1808, en faveur de son fils, Ferdinand VII. Mais il revient sur sa décision et demande l'arbitrage de Napoléon I. La famille royale espagnole le rencontre  à cet effet à Bayonne. Mais l'empreur fait renoncer Ferdinand au trône et oblige de nouveau Charles IV à abdiquer. Puis il désigne son frère aîné Joseph Bonaparte comme roi d'Espagne (19 mars 1808). L'empereur pense rendre service à l'Espagne en la débarrassant des Bourbons jugés incapables et en lui donnant des institutions modernes. Il va aussitôt faire abolir l'ancien régime, supprimer les droits féodaux, la justice seigneuriale, les douanes intérieures, etc. Mais il va aussi fermer de nombreux couvents.

Une certaine partie de la noblesse espagnole qui voudrait voir l'Espagne se transformer et sortir de cette décadence dans laquelle elle s'enfonce depuis les derniers Habsbourg, est d'abord séduite par les réformes françaises. Mais ce roi intrus et les décisions prises, notamment dans le domaine religieux, va entraîner un immense élan patriotique avec de nouveau un fort sentiment dynastique (attachement aux Bourbons), mais également national (haine contre l’occupant étranger) et religieux (Napoléon étant souvent présenté comme l'antéchrist, l'ennemi acharné du catholisme, et se voit attribuer, sans doute à tort l'anticléricalisme sanguinaire de la révolution française, bien qu'il ait autorisé de nouveau la pratique religieuse en France et normalisé les relations avec le Saint Siège). Le 2 mai 1808 c'est  le soulèvement populaire à Madrid.  Joachim Murat le réprime avec force.  Le peintre de Cour, Francisco Goya, immortalisera les faits par deux oeuvres réalisées en 1814.


 
Le "Deux Mai 1808 à Madrid ou la lutte de Mameluks à la Puerta del Sol"
peinture réalisée par  Francisco Goya en 1814 (huile sur toile 268-347 cm) Musée du Prado - Madrid

 
Le  "Trois mai 1808 à Madrid ou les fusillés de la Montagne du Principe Pie "
Peinture réalisée par Francisco Goya (1746-1828) en 1814
(huile sur toile 266 x 345 cm - Musée du Prado - Madrid)


C'est dans ce contexte que se passe "El abanderado/Le porte-drapeau" (1943) d' Eusebio F. Ardavín avec Alfredo Mayo
dans le rôle-titre.


Mais la résistance prend très vite une ampleur considérable en Andalousie (Voir le film " Los guerrilleros " - 1963) qui culmine avec la défaite du général Dupont à Bailen  - 19/22 juillet 1808). Face à la menace créée par le débarquement anglais au Portugal, Napoléon décida d’intervenir personnellement de novembre 1808 à janvier 1809. Des victoires rapides comme celle de Somo-Sierra (30 novembre) lui ouvrent la route de Madrid. Mais au contraire la ville de Saragosse est défendue maison par maison par ses habitants.



La bataille de Somo-Sierra (Castille) le 30 novembre 1808, ouvre les portes de Madrid à Napoléon
Oeuvre de Louis-François Lejeune (1775-1848)


Saragosse (Sièges de Juin à août 1808 puis de décembre 1808 à février 1809) est un symbole en Aragon de la résistance nationale. L'armée française devra conquérir la ville maison par maison.



Épisode du siège de Saragosse : l'assaut du monastère de San Engracio le 8 février 1809
par Louis-François Lejeune

"Quelle guerre! Quels hommes! Un siège dans chaque rue; une mine sous chaque maison!  Se voir obligé de tuer tant d'hommes, non plutôt tant de furieux! Cette guerre est horrible. Je l'ai écrit à l'empereur, la victoire est dure..."
Maréchal Lannes, commandant en chef de troupes francçaises de L'Ébre,présent lors du second siège.



Joseph 1er d'Espagne - 1808 - par Jean-Baptiste Wicar (1762-1834)
Joseph Bonaparte (1768-1844), avocat de formation, roi de Naples (1806-1808)
puis  roi d'Espagne (1808-1813), après l'abdication de Charles IV,
et la renonciation au trône de Ferdinand VII, de mars1808 à décembre 1813 (Traité de Valençay)


Joseph Bonaparte, Roi d'Espagne "règne" donc sur un pays constamment en guerre, celle des maquisards et des troupes régulières espagnoles qui n'acceptaient pas un roi français mais aussi celle menée par le corps expéditionnaire anglais. Joseph quittera Madrid en  mai 1813. Le 21 juin, l'armée impériale sera battue à Vitoria (Pays Basque espagnol). En décembre 1813,  Ferdinand VII qui a retrouvé le trône d'Espagne (Traité de Valençay) rétablit aussitôt une monarchie absolue avec l'abolition des mesures prises sous le règne de Joseph 1er et ne reconnaît pas  la constitution élaborée en 1812 à Cadix, ville non occupée par les troupes françaises, par les représentants de toutes les régions d'Espagne mais aussi des possessions espagnoles d'Amérique et des Philippines. Et en 1823, à la demande de Ferdinand VII, le duc d'Angoulème, propre neveu de Louis XVIII, a la tête d'un corps expéditionnaire français composé en majorité d'anciens de la "Grande Armée", permettra au souverain espagnol de garder son trône! Pendant ce temps les créoles de l'Amérique hispanophone continentale conquis par les idées de la révolution française commenceront à s'affranchir de la tutelle de leur mère-patrie, l'Espagne.


III.- La guerre d'Espagne (108-1914) à travers la littérature et le cinéma
Quelques oeuvres à lire ou à relire, à voir ou à revoir...


  • Bien sûr l'œuvre prodigieuse de Benito Pérez Galdos: "Episodios nacionales"
  • "La revista general de Marina" (Espagne) et le fascicule d'août - septembre 2005 consacré à la bataille de Trafalgar
  • "Trafalgar, the men, the battle, the storm" de  Tim Clayton & Phil Craig (2004)
  • "El Húsar" (1995), "Cabo Trafalgar" (2004),"El día de Cólera" (2007) d'Arturo Pérez-Reverte
  • "José Bonaparte, un rey repúblicano" (2008) de Manuel Moreno Sanz
  • "Le flagellant de Séville" (1951) de Paul Morand
  • "Les lanciers de Jérez" (1961) de Joseph Peyré
  • Et  même dans la littérature très romanesque:
"Le fils de Caroline Chérie/Napoléon et Juan" (1951) de Cécil Saint-Laurent 
 
"El lobo de la Falconera"  (1963) de Rafael Pérez y Pérez
"L'aigle sur la sierra" (1970) de Marie-Louise Assada

       


Le cinéma n'est pas en reste avec notamment

 
El abanderado  (1943)de Eusebio F. Ardavín avec Alfredo Mayo & Isabel de Pomés El tambor de Bruch (1948)
de Eusebio F. Ardavín
avec José Nieto et Ana Mariscal
Agustina de Aragón (1950)
de Juan de Orduña
avec Aurora Bautista
Les 2 et 3 mai 1808
 Les "francisés"
La bataille du Bruch en Catalogne - Juin 1808 Siège de Saragosse
(Juin 1808-Février1809)
lola la piconera
Lola la Piconera (1952)
de Luis Lucia
avec Juanita Reina
Le fils de Caroline Chérie(1955)  - Autres titres à l'étranger :   
Il figlio di Caroline Chérie - Caroline & the Rebels
de Jean Devaivre avec Jean-Claude Pascal et  Brigitte Bardot
Une chanteuse de  Cadix aime
un officier de la Grande Armée
La guerre en Espagne, le Roi Joseph, les "francisés",
les maquisards, le bagne anglais de l'ïle de Cabrera
carmen_la_de_ronda 
    carmen_de_grenade
Carmen la de Ronda (Espagne)/ Duello implacabile (Italie)/ Carmen de Granada (France)
A girl against Napoleon/ The devil made a woman (EU) - 1959
de Tulio  Demicheli con Sara Montiel, Maurice Ronet et Jorge Mistral  
Andalousie 1808 : de nouveau une histoire avec une chanteuse, mais cette fois de Ronda,
et ses amants: un soldat français et un maquisard.
llegaron_los_franceses
LLegaron los franceses - 1959
de León Klimowsky - Scénario de Jesús Franco -  Avec  Elisa Montes  &  Luis Peña
Guerre d'Espagne:  un montreur de marionnettes et ses enfants
donnent le signal de l'attaque contre les Français. 
 Los guerrilleros (1963) de Pedro L. Ramírez
avec Manolo Escobar, Rocío Jurado , Alfredo Mayo et Rafael Durán
Andalousie, Juillet 2008,  juste avant Bailen
la_soule_1988
La guerrilla (1972)
de Rafael Gil
avec Paco Rabal, José Nieto, Jacques Destoop 
La Leyenda del tambor (1982)
de Jorge Grau
avec  Jorge Sanz
et Alfredo Mayo
La soule (1988)
de Michel Sabra
avec Richard Bohringer
et Christophe Malavoy
Le soulèvement populaire
La guerre des humbles
La bataille du Bruch en Catalogne - Juin 1808 La guerre en Espagne, les pontons anglais, les demi-soldes
à suivre...
En mémoire de G.H. et de Saragosse
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Fiche créée : le 18 avril 2008 - Dernière mise à jour :  le 11 novembre 2008
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