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- Alfredo Mayo -
1943

El abanderado
(Le porte-drapeau)
el_abanderado
Prix du meilleur scénario par le Syndicat National du Spectacle (Espagne) - 1943
d' Eusebio Fernández Ardavín
Feuillet double couleurs (Recto) - 1943

Interprètes:

Alfredo Mayo ,  Isabelita de Pomés, Mercedes Vecino,  Jose Nieto, Raúl Cancio, Carlos Muñoz, Manolo Morán, Guadalupe Muñoz Sampedro, Julio Rey de las Heras, José Maria Seoane, Guillermina Grin, Ramón Polo, Paquita Vives,  S.Videgain, Andres Pacheco,  José Jaspe
Feuillet double  (Interieur) - 1943

Argument: Luis Fernández Ardavín
Produit par : SUEVIA FILMS Cesareo González

Conseils historiens :  Luis de Sosa y Federico Sáenz de Robles
Directeur de la photographie : Hans Scheib
Caméra: Ricardo Torres
Deuxième opérateur: Julián de la Flor
Metteurs en scène adjoints : G.Banciella, J.Solórzano, J.L. Garte

Décorations: Antonio Simont et  Ignacio Caro

Costumes :  H. Cornejo - Mobilier: Vázquez y Mengibar

Maquillage: Arcadio Ochoa - Coiffure :  Julián Ruiz

Photographies fixes: M.Beringola -  Montage : Margarita Ochoa

Son : Alfonso Carvajal

Musique :  JoaquínTurina,  Jesús Leoz ( Jesús  Garcia Leoz) 

Chorégraphie : Lolita Santadell

Chef de production : Antonio Pacheco

Directeur Général de  Production: Ramón Torrado

Studios  Chamartín de Madrid
35 mm. Noir et blanc.
Durée d'origine : 110 minutos


Feuillet édition locale 1944

Premières :
Le 15 octobre 1943 à Madrid (Cinéma Avenida) 

Le 23 novembre 1943 à Barcelone (Cinéma Kursaal)

Non recommandé aux moins de 13 ans à sa sortie en salle



Bande dessinée originale espagnole avec pour thème le soulèvement du 2 mai 1808
éditorial Valenciana - Années 1940


Bande dessinée années  40  "Daoiz et Velarde décident de se sacrifier pour l'Espagne et s'unissent au peuble"

Le thème du film  « El abanderado/Le porte-drapeau »

Contexte historique: Malgré la révolution française qui fit guillotiner Louis XVI, cousin des Rois espagnols, l'Espagne et la France, alliés naturels contre l'ennemi commun ancestral, luttèrent ensemble contre l'Angleterre durant les premières années du 1er Empire : Batalle navale de Trafalgar (1805) ; régiments français comprenant des troupes et des officiers espagnols comme Francisco Dionisio Vives y Planes 

Mais Napoléon Ier du fait de difficultés internes rencontrées en Espagne et  de la nécessité de maintenir un blocus continental contre l'Angleterre pensa améliorer la situation en mettant sur le trône d'Espagne, son frère aîné Joseph à la place des rois Bourbon espagnols, Charles IV, d'ailleurs assez descrédité dans son propre pays, et son fils Ferdinand VII.

Le film "El abanderado/Le porte-drapeau" commence dans l'Espagne des années  1807-1808 et nous découvrons le lieutenant Xavier Torrealta y Maldonado (Alfredo Mayo) qui est désigné comme porte-drapeau de son régiment. Ses meilleurs amis parmi les officiers de son unité sont  Luis Daoiz (Raúl Cancio) et
le jeune Rafael Bustamente (Carlos Muñoz),  Pedro Valarde (José Nieto), Ruíz (José María Soeana), et sa meilleure amie la comtesse Eulalia (Mercedes Vecino). Son ordonnance est le sympathique  Marchena (Manolo Morán). 


Le lieutenant  Xavier Torrealta y Maldonado (Alfredo Mayo)
et son ordonnance le caporal Marchena (Manolo Morán)

Le lieutenant Xavier Torrealta y Maldonado est un militaire "francisé" qui néanmoins ne veut pas faire de politique.  Sa fiancée Rénata ( Isabelita de Pomés ) est la fille du général français La Roche, attaché militaire auprès de l'ambassade de France à Madrid et dont l'épouse est espagnole.
   
Goya dans le film "El abanderado" (1943) d' Eusebio Fernández Ardavín

(Alfredo Mayo et José Nieto, de dos)
Xavier n'accepte pas de suivre ses amis qui complotent contre le nouveau roi d'Espagne Joseph et le pouvoir imposé par la France. Aussi quand Pedro Velarde (José Nieto) lui demande de faire son devoir, il lui répond : "Je ne vais pas conspirer dans l'ombre et en dehors de la loi. Par contre je ne vous trahirai pas"  
C'est alors que se produisent les terribles journées du mois de mai 1808 et le soulèvement des Madrilènes contre les Français. Durant les combats contre les troupes du Maréchal Joachim Murat, propre beau-frère du Roi Joseph et de l'empereur Napoléon,  Luis Daoíz et Pedro Velarde, les amis de Torrealta, et comme lui officiers d'artillerie cantonnés dans la caserne de Monteleón, décident de se joindre au soulèvement populaire du 2 mai. Mais ils  vont succomber devant l'ennemi. En découvrant la mort de ses amis, Torrealta comprend qu'il ne peut continuer à ne pas prendre parti.
Affiche en noir et blanc des années 40 illustrant l'héroisme de Daoiz y Valarde unis au peuple de Madrid.
 "Défense du Parc de Monteleón par le peuple madrilène dirigé par Daoíz et Velarde"

Le moment de la désobéissance est désormais venu et Xavier rejoint les troupes du général espagnol Espoz y Mina (interprété par Julio Rey de Las Heras) qui opèrent en Navarre.  La Guerra d'Espagne a commencé. Torrealta reçoit la mission de porter un message aux maquisards  et il traverse les lignes ennemies qui sont sous le commandement du général La Roche. Rénata La Roche déguisée en villageoise sort de la zone française pour aller retrouver son fiancé. Mais les deux sont arrêtés : Rénata comme espionne et Xavier comme traitre. Un coup de canon est tiré au bon moment par les Français  et permet au couple de s'échapper. Mais Xavier prend héroiquement le commandement des troupes espagnoles et réussit à s'imposer devant l'ennemi.  Réhabilité, promu au grade de capitaine, il peut protéger  Rénata avec qui il va se marier sans remords car elle lui a appris qu'elle n'était que la fille adoptive du  général français La Roche et que son père était espagnol (!!!)
Xavier Torrealta y Maldonado (Alfredo Mayo), désormais réhabilité et promu capitaine,
retrouve sa fiancée Rénata (Isabelita de Pomés)

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Remarques :
Avec le film « El abanderado/ Le porte-drapeau» (1943), Alfredo Mayo retrouve le réalisateur Eusebio Fernández Ardavín (1898-1965) qui a commencé son oeuvre cinématographique à l'époque du  muet (“ El aventurero misterioso” 1917). Alfredo Mayo a fait la connaissance d' Eusebio Fernández Ardavín sur le plateau de “ La florista de la Reina ” (1940), un film dont le scénario était déjà écrit par le propre frère aîné du cinéaste, le poète, romancière et auteur de livrets d'opérettes,   Luís Fernández Ardavín (1892-1962).

   
Xavier et Rénata, les fiancés que la guerre sépare

 Si nous ne pouvons pas vraiment dire que la trame du film est très dense et que les dialogues sont les plus élaborés, il faut néanmoins souligner le très méritoire effort de reconstitution historique avec les décors du vieux Madrid, les costumes des nobles et des militaires mais aussi de l'humble peuple madrilène et ses différents métiers, tout comme les tavernes et les nombreuses scènes de bataille. Effort d'autant plus méritant que les moyens financiers de l'Espagne à cette époque sont particulièrement limités.

L'ordonnance du lieutenant Xavier, le toujours excellent Manolo Morán  introduit une note d'humour dans le  drame et permet de donner la parole aux petits gens et de les voir dans leurs tâches quotidiennes. Nous découvrons également le célèbre peintre aragonais Goya faisant ses caricatures lors d'un bal organisé par la noblesse espagnole qui paraît se rallier sans difficulté au nouveau roi Joseph.

Le cas du lieutenant Xavier Torrealta ( Alfredo Mayo) est interesant puis qu'il évoque la situation des Espagnols d'un certain niveau social. En effet beaucoup d'entre eux, avant la révolution étaient intéressés par les idées dites du "Siècle des lumières" (dénomination déterminée sinon présomptueuse, et en opposition à l'obscurantisme des idées des siècles précédants!), de la même manière qu'en Prusse, Russie, etc. 

Certains virent dans le personnage cinématographique de Torrealta, dans ses hésitations et son refus d'entrer immédiatement comme ses amis dans la rébellion, des allusions contemporaines aux états de conscience des officiers espagnols  servant sous la Seconde République et qui choisirent le camp franquiste, non pas par manque de loyauté mais par patriotisme comme l'avaient fait avant eux les soldats des troupes régulières de la guerre d'Espagne (1808-1814), appelée guerre d'indépendance en Espagne. Il se dit également que les "Nationalistes" vainqueurs de la guerre civile (1936-1939), ulcérés par le comportement jugé partial de la France durant les années trente, ne manquaient pas une occasion de proclamer l'antagonisme historique et ses liens avec la révolution françaises (anticléricalisme, massacre institutionnel pour "crimes" d'opinion ou de classes sociales, etc.) entre les deux pays. Cependant le ton du film nous paraît modéré et il ne distille par une haine sans nuances, ni une propagande trop partisane. Ou pour le moins il nous semble,  soixante ans plus tard, ques ses auteurs ont voulu montrer que durant les époques troublées, tout n'est pas complètement blanc ou noir...  "C'est la guerre" dit Torrealta à son camarade de régiment chargé de commander le peloton d'exécution qui doit le fusiller.

En outre “El abanderado/ Le porte-drapeau” (1943) est l'un des rares films espagnols qui met en avant le cas d'un officier des troupes régulières, beaucoup montrant surtout le combat du peuble espagnol, de cette guerre nationale des humbles comme  "Agustina de Aragón” (1950) de Juan de Orduña, avec Aurora Bautista,  “La guerrilla” (1972) de Rafael Gil, avec Francisco Rabal,  “El tambor del Bruch” (1948) de Ignacio F. Iquino, avec Ana Mariscal et José Nieto, et sa version plus récente, “ La leyenda del tambor/ La légende du tambour ” (1982) de Jorge Grau, sans oublier “ Los guerrilleros/ Les maquisards ” (1963) de Pedro Luís Ramírez, avec Manolo Escobar et Rocío Jurado.  

Bref,  "El abanderado/Le porte-drapeau" (1943) d' Eusebio Fernández Ardavín est une oeuvre cinématographique intéressante. Peut-être que l'année 2008 permettra une nouvelle commercialisation DVD de ce film déjà réédité en 1987 sous format VHS, et actuellement disponible en Video à la Demande en Espagne.

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Nota : Pour plus d'informations sur quelques oeuvres qui évoquent le thème de la guerre d'Espagne de 1808  vous pouvez également consulter la fiche " la guerre d'Espagne "  (1808-1814) à la rubrique  "Références Histoire et Cinéma” et ainsi que celles des autres films d'Alfredo Mayo sur le même thème, " Los guerrilleros" (1963) et " La leyenda del tambor " (1982).



"El abanderado" 1943 - Réédition VHS 1987 - Video Mercury SA - Distribution exclusive du "Corte Inglés"

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Fiche créée le 15 avril 2008 - Dernière correction : le 15 avril 2008
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