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Alfredo Mayo -
1954
Alta
costura
Las máscaras de la moda
(Haute Couture, les masques de la
mode)

Mise en scène de
Luis Marquina
Coproduction
hispano-italienne adaptée du roman homonyme de Darío
Fernández-Flórez
Argument, dialogue et scénario: Darío
Fernández-Flórez
Scénario technique: Luis Marquina
Photographie: Enrique Guerner
Montage: Magdalena Pulido
Chef de production: J.
Cuquerella
Musique: José Muñoz Molleda
Décors: Pérez Espinoza y Gil Parrondo
Accessoires: Antonio Luna
Costumes: Conejo
Les modèles sont une création de Cristóbal Balenciaga
Film réalisé au studio Sevilla Films
Système sonore RCA
Produit par CINESOL S.A. (Espagne) et A.T.A. (Italie)
Premières
le 6 mai 1954 à Madrid (Palais de la Presse)
en 1955 à la Havane - Cuba

Feuillet programme d'époque extérieur et intérieur
o-o-o-o-o
I.- Les interprètes
Lyla
Rocco, Maria Martín, Dina Sten, Margarita Lozano, Laura
Valenzuela, Manuel Díaz González, Mónica Pastrana, Mario Berriatúa,
Mercedes Serrano, Pedro Anzola, Adriano
Domínguez, Charito Garcia Ortega, Francisco
Arenzana, Lolita Vilar, Gustavo Re, Julia Lajos, Juan
Vázquez, Lolita Villaespesa, Carlos Díaz de
Mendoza,
Angelita Pla, José Sepúlveda, Julia Pachelo,
Pilar Gómez
Ferrer, Rosita Palomar, Maria Luis Sabio. Et la collaboration toute spéciale d' Alfredo Mayo
 
II.- L'histoire
Au début de
cette histoire nous découvrons dans le Madrid des années
cinquante du siècle dernier les employés d'une
maison de Haute Couture dont le patron est M. Amaro López
(Manolo Díaz).
Nous faisons la connaissance des couturières et des
contremaîtresses, du dessinateur, des mannequins et de leurs
petits
amis comme Carlos (Mario Berriatúa) et sa moto,
élève ingénieur qui veut se marier avec l'une des
mannequins, mais aussi de leurs riches amants comme un vieux comte
interprété par Carlos Díaz de Mendoza.
Tona (Lyla Rocco), la plus jeune et la plus belle des mannequins
vedettes de chez Amaro prend un taxi pour aller voir un homme
nommé Paco qui vit dans une appartement de la résidence
Fortuny. Mais elle pénètre chez lui, elle le trouve mort
étendu par terre. Terrorisée, la jeune femme laisse
tomber au sol son étui à cigarettes sans s'en rendre
conte et retourne bien vite à son travail pour se changer
car le défilé va commencer. Très
choquée Tona explique à une de ses amies ce qu'elle vient de découvrir. Cette dernière lui
conseille de garder le silence.
Nous assistons alors et pendant la plus grande partie du film au
défilé de mode. Nous pénétrons dans les
coulisses de la Haute Couture espagnole, nous découvrons les
mannequins, leurs changements de tenue, leur maquillage, les derniers
coups de peigne ou de repassage. Parmi ces belles femmes nombreuses sont celles qui sont sur les nerfs surtout la pauvre Tona. Il y a de
l'amitié entre elles mais aussi de la jalousie, comme pour
Kika (Maria
Martín) qui voit qu'elle est en train de perdre sa position de
première mannequin, Lina (Mararita
Lozano), Sole (Laura Valenzuela), Pituca (Monica Pastrana), Marta (Dina
Stern), etc. Nous
découvrons aussi les différents sortes de clients comme
un groupe de nord-américaines accompagné d'un certains
Mr. Byars (Gustavo
Re), des producteurs italiens et même un écrivain
très connu (Darío
Fernández-Flórez jouant son propre rôle de romancier), etc.

Au
cours du défilé arrive un homme qui veut parler
à Tona. Il s'agit d'un policier (Francisco Arenzano). M. Amaro
ne veut pas compromettre le succès de son défilé
et lui demande d'attendre la fin de séance. En voyant l'homme
Tona devient encore plus nerveuse mais grâce à sa jeunesse
et à sa beauté les clients la demandent pour que ce soit
elle qui présente avec la robe de mariée pour la
dernière scène traditionnelle de
la collection.
Arrive alors le fiancé de Tona, Ramón (Alfredo Mayo)
et nous apprenons pourquoi Paco a été tué et qui
est l'assassin. Paco était un ancien amant de Tona. Il l'a
faisait chanter et exigeait d'elle de l'argent la menaçant de
révéler leur ancienne liaison à Ramón.
Le film se termine avec le départ de Ramón et du policier tandis que le dessinateur de la maison de couture
Pepito (Pedro Anzola) secrétement amoureux de Tona, essaie de la
consoler. Au même moment arrive Carlos qui, n'étant
au courant de rien ne comprend pas que sa fiancée vient en
pleurant lui dit qu'elle ne veut pas se marier
avec la belle robe de mariée mais quelque chose de très
simple...
III.- Remarques
3.1.- L'auteur scénariste: Darío
Fernández-Flórez
Darío
Fernández-Flórez (Valladolid 1909-Madrid 1977)
après des études universitaires de Philosophie et
Lettres, s'était fait journaliste et animait en particulier une
rubrique littéraire à la radio. Il écrivit ses
premières oeuvres au tout début de la Seconde
République Espagnole. Il connut en 1950 un énorme
succès avec son roman "Lola, espejo oscuro" Lola, miroir obscur
qui racontait l'histoire d'une belle orpheline sans scrupule qui vivait
des hommes. L'histoire de Lola connaîtra une suite avec "Nuevos
lances y picardías de Lola, espejo oscuro"
(1971) et "Asesinato de Lola, espejo oscuro" (1975). "Lola, espejo
escuro" deviendra un film en 1966 sous la direction de Fernando Merino
et José Luis Sáenz de Heredia.
"Alta Costura", roman de Darío
Fernández-Flórez
Ed. Plenitud, Madrid - 1954.- 323 pages.
En 1954 Darío
Fernández-Flórez écrivit
un nouveau roman qui mettait en scène des femmes dans un milieu
social relativement libéré, celui des mannequins. Son
succès de romancier lui permit de devenir scénariste (et
même acteur!) et de participer ainsi à l'aventure
cinématographqiue avec un réalisateur déjà
bien connu, Luis Marquina.
3.2.- Le réalisateur Luis Marquina
Luis Marquina (Barcelone
1904-Madrid 1980) était le fils du journaliste,
poète, romancier et dramaturge espagnol Eduardo Marquina. Il
commence à travailler pour le cinéma en 1935 en
réalisant "Don
Quintín el amargao" Monsieur Quentin l'aigri.
Il fut aussi assistant réalisateur, scénariste et
producteur. Sa filmographie comprend quelques trente films (le dernier
en 1972). Dès 1942 Luis Marquina avait dirigé Alfredo Mayo qui formait avec Amparo Rivelles, l'un des très beaux couples du cinéma espagnol dans "Malvaloca" , où jouaient également Manuel Luna et Fernando Freyre de Andrade.
3.3.- Les acteurs
La principale
interprète du film est la jeune et très belle actrice
italienne Lyla Rocco
(Trieste 1935) qui avait tourné son premier film quand elle
n'avait que seize ans. Elle fera entre 1951 et 1961 une trentaine de
films essentiellement en Italie mais aussi un peu en France ( "Bonnes
à tuer"- 1954- de Henri Decoin, avec
Danielle Darrieux et "Sait-on jamais?" - 1957 - de Roger Vadim, avec
Françoise Arnoult et Robert Hossein. En 1954
elle interpréta en Espagne un second film, "Murió hace
quince años" de Rafael Gil, avec Rafael
Rivelles et Francisco Rabal. L'actrice mariée en 1964 au
célèbre comédien italien Alberto
Lupo (1924-1984),
mais aussi acteur de cinéma et de télévision,
s'éloigna alors définitivement du grand écran.
Dans "Alta Costura" nous retrouvons aussi de nombreux acteurs connus
quoique plutôt des seconds rôles du grand écran,
mais aussi parfois des grands des scènes théâtrales
madrilènes comme Carlos Díaz de
Mendoza et Rosario García Ortega. Nous reonnaissons aussi
José Sepúlveda au physique si caractéristique.
Quant à Manolo
Díaz
nous joue parfaitement la représentation traditionnelle, ou tout
au moins dans notre imaginaire collectif, du patron d'une grande maison
de Haute Couture, avec sa façon de parler et de se comporter.
Mais sans doute le principal invité de ce film est l'illustre
couturier espagnol d'origine basque Cristóbal Balenciaga et ses
robes si typiques de l'époque (un peu comme notre Christian Dior
en
France).
e
IV.- Conclusion
"Alta
Costura" (1954) de Luis Marquina est un film dont le thème est intéressant.
C'était peut-être la première fois qu'était
présentée aux spectateurs des salles obscures la vie des
mannequins madrilènes. Mais les Français,
évidemment, avaient aussi traité le sujet de leurs
maisons de Haute Couture avec "Falbalas" (1944) de Jacques
Beker et "L'inconnue n°13" (1949) de Jean-Paul
Paulin.
Néanmoins
le film "Alta Costura" aurait pu être beaucoup mieux sans une
séquence finale précipitée où nous ne
voyons
Ramón (Alfredo Mayo) que
quelques minutes, rien de plus, pour découvrir qui est le
véritable assassin. Certes notre acteur
préféré a le rôle principal de l'histoire
puisqu'il est le début et la fin du drame, mais bon, il ne
prononce que quelques phrases puis il s'en va!
Aussi écrirons-nous comme le faisait en 1955 le guide
cinématographique cubain quand le film est sorti à La
Havane: "La
réalisation est excellente en ce qui concerne les prises de vue,
le rythme et le mouvement de la caméra". En outre la musique de
José Muñoz Molleda accompagne parfaitement de le
déroulement progressif des effets dramatiques. Et pour conclure
nous dirons donc "Alta
Costura" (1954) de Luis Marquina, est un film toujours raffiné
et suffisament original pour être revu ou découvert
(Malheureusement il ne nous semble pas qu'actuellement il soit possible
d'acheter une version VHS ou DVD du film).
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