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Alfredo Mayo -
1979
Los cántabros
(Les Cantabres)
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Affiche du film avec, face au signifer romain,
le druide Labaro et le chef cantabre Corocota
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de Jacinto Molina
Sur une idée de Joaquin Gómez
Saiz
Argument, scénario et dialogues de Jacinto
Molina
(Amando de Ossorio non crédité)
Photographie :
Alejandro Ulloa
Musique: Ángel Arteaga
Maquettes: Emilio Ruiz del Río
Montage : Pedro del Rey
Directeur général de production: Augusto Boue
Production: MONGE FILMS, S.A.
Distribution: IBERCINE S.A.
35
mm - Couleurr - Panoramique
Durée d'origine : 107 minutes
Sortie en Espagne seulement (semble-t-il) en: 1980
(Pour découvir le générique complet - voir la version espagnole)
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Les interprètes
Paul Naschy
(Jacinto Molina: Agripa), Dan
Barry (Joaquín
Gómez Saiz: Corocotta), Verónica
Miriel, (Elia), Alfredo
Mayo (Labaro), Julia Saly (Selenia), Antonio Iranzo (Vaceo), Blanca Estrada (Turenia), Andrés Resino (César Auguste), Mariano
Vidal Molina (Salvio), Jenny Llada (Auka), José Ruiz (Hurón), Ricardo
Palacios (Gurco), Franc Braña (Próculo), Antonio Mayans (Guerrier), Luis
Ciges (Tulius Metelus), Paloma
Hurtado (Calpurnia), Adriano Domínguez (Antistius), David Rocha (Legat Caius Furniuis), Manuel Pereiro (Hiparcus), Antonio
Durán (envoyé du légat), José Marco (general Estatilius), Rafael Conesa (Castulus), Antonio Padilla (premier homme), Joaquín Solis (deuxième homme), Antonio Parrilla (le prétorien), Javier Lozano (le second de Corocotta), Román Ariz Navarrete (gladiateur rétiaire),
Oscar Álvarez (gladiateur mirmillon), Manuel Ayuso (le gros
légionnaire), José Peral (le légionnaire maigre),
et l'enfant José
María Alarcón.
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Le synopsis du film
Les
faits historiques
Le film, le metteur en scène et son équipe
Conclusion
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I.- Le sinopsis
du film
Nous sommes en
Hispanie (années 29-19 avant JC). La péninsule est sous
l'emprise de l'empire romain d'Auguste (Caius Caesar Octavianus
Augustus -
63
avant JC. / 14 après JC.). Mais le peuple des Cantabres
(Nord-Ouest de l'actuelle Espagne - Cantabrie/Asturies) continue
à résister aux envahisseurs. Il a pour chef Corocotta (Le
très musclé Joaquin
Gómez
Saiz, plus connu sous le nom de Dan Barry). Nous le
découvrons avec sa tribu, dans son village, dans les montagnes
et les grottes où il se cache. Nous voyons la femme de Corocotta, Turenia (Blanca Estrada) qui
donne naissance à un garçon, une prêtresse Selenia (Julia Saly) qui
prédit l'avenir funeste des Cántabres, le chef
religieux Labaro, un druide très vieux et à la longue
barbe,
joué par Alfredo Mayo.
Corocotta connaît bien les Romains. Il pratique la guerrilla
à outrance contre les légions romains. L'empereur Auguste (Andrés Resino) reçoit Agrippa (Jacinto Molina plus connu sous le nom de Paul
Naschy), son plus valeureux général parmi les plus valeureux...et
lui dit de mettre à prix la tête du rébelle.
Agrippa quant à lui suggère de pratiquer aussi la
guerrilla. Parmi les Cantabres il y a un traitre, un
ancien prétendant de la soeur de Corocotta. Mais le chef
des
Cantabres va également recevoir des informations d'une femme
esclave cantabre vivant dans la
propre demeure
d'Agrippa... La
lutte entre les troupes des deux chefs ne donnent pas les
résultats espérés. Aussi Agrippa et
Corocotta décident de s'affronter en combat singulier sur une
plage de la côte cantabre. La hache
"Bipennis" de Corocotta va vaincre le glaive romain d'Agrippa. Mais le
guerrier cantabre laisse la vie sauve au Romain. Et Agrippa retire ses
légions de la zone. Cependant nul n'échappe à son destin et Rome ne s'avouera pas définitivement vaincue...
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| Auguste (Andrés Resino) & Agrippa en Hispania |
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| Les légions romaines ont imposé la "Pax romana" dans
tout le pays ou presque... |
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II.- Les faits
historiques : De bello cantabro quoque asturico

Zones de résistance
Quelques trente ans avant notre ère l'Hispanie est presque
entièrement conquise par les Légions romaines. Mais la
résistance s'est organisée au nord (actuelles
Asturies et
Cantabrie) avec des chefs qui ont souvent servi comme mercenaires chez les
Romains (Corocotta pour les Cantabres et Gauson pour les Astures). Le
chef militaire chargé d'en finir avec ces poches de
résistance est un proche d'Auguste puisqu'il s'agit d'Agrippa,
en latin Marcus Vipsanius Agrippa (63 a. JC - 12 ap. JC.)
qui fut le responsable de nombreuses victoires militaires du
futur Auguste dont la défaite de Marc Antoine allié de
Cléopâtre à la
bataille navale d'Actium, mais également futur grand-père
de l'empereur Caligula et arrière-grand-père de
Néron. Grand administrateur et bâtisseur, c'est lui qui
fit
en particulier construire à Nîmes la "Maison
Carrée". Il épousa en troisième noce Julia la
fille d'Auguste. Il mourut peu de temps après avoir entrepris la
conquête de la future Pannonie - actuellement zone
s'étendant du nord de l'Autriche au sud-est de la Serbie.
Les régions du nord-ouest de l'Hispanie
intéressent
particulièrement les Romains pour leurs mines (or des
Asturies
et fer de Cantabrie), avec un transit facile par mer après
extraction. Mais la résistance des tribus est telle
qu'Auguste
lui même s'installera en Hispanie pour superviser les
opérations (plus exactement à Segisama, aujourd'hui
Sasamón au Nord-Ouest de Burgos). À terre huit
légions et
des troupes
auxiliares soit environ 70 000 hommes en armes seront
déployés par Rome tandis qu'une flotte en
provenance de
la Gaule aquitaine romaine contrôlera la zone maritime. Les
dernières tribus
celtes en rébellion contre Rome devront finalement se soumettre.
Aucun prisonnier ne sera fait, les guerriers cantabres
préférant se suicider plutôt
que devenir des esclaves de Rome.
Le personnage du chef cantabre Corocotta est
évoqué,
semble-t-il, dans un seul texte très court écrit par le
sénateur et
historien romain Dion Cassius ou Dio Cassius Cocceianus (155-229 ap. JC).
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Agrippa - Militaire et homme d'état romain
(63 av.JC, 12 ap. JC)
Buste d'époque
Musée du Louvre |
Corocotta - Chef de guerre cantabre
(?-19 ap. JC)
Statue contemporaine (vue d'artiste)
Santander - Espagne |
Le passé glorieux des Cantabres ressurgit, si l'on peut
s'exprimer ainsi, depuis quelques années. Des
monuments modernes
ont tenté de représenter le grand chef Corocotta
qui a
défié Auguste il y a près de deux
mille ans. Et
chaque année depuis 2001, les guerres cantabres sont le
thème d'animations touristiques avec reconstitution historique
et nombreux figurants en costumes (romains et celtes d'Ibérie)
dans
la petite ville de Los corrales del Buelna (communauté
autonome
de
Cantabrie - Province de Santander) dans la dernière semaine
d'Août et la première de Septembre. Une excellente
occasion de se replonger dans l'histoire. Et avant de "participer aux
guerres cantabres" le site des manifestations peut être consulté
avec intérêt sur http://www.guerrascantabras.net

Affiche 2009 (dessin de Natalia Expósito Cano)
manifestations de Los Corrales del Buelna - Santander
28 Août - 6 septembre 2009
III.- Le film, le metteur en scène et son équipe
Un film fantastique
sur le thème de combattants cantabres plus ou moins
morts-vivants aurait été envisagé par Amando de
Ossorio Rodríguez (La Corogne 1918- Madrid 2001)
réalisateur espagnol qui se spécialisa dans les
années 70 dans les films d'horreur avec des titres comme "La noche del terror ciego" (en
France: "La révolte des morts-vivants" - 1971) , "El ataque de
los muertos sin ojos" ( "Le retour des morts-vivants" - 1973), "El
buque maldito" ("Le monde des morts-vivants" - 1974). Finalement
l'affaire ne se fait pas et Jacinto Molina également connu sous
le pseudonyme de Paul Naschy, reprend le projet à son compte.
Mais il souhaite lui donner une allure beaucoup plus historique et
raconter ce que fut la dernière résistance ibère à la conquête romaine.
Jacinto Molina Álvarez (Madrid 1934) qui a fait de l'haltérophilie au
niveau de la compétition dans sa jeunesse. Mais il fut aussi
dessinateur-illustrateur. Il a commencé par de la figurantion
dans des péplums ou
superproductions tournés en Espagne dans les années
soixante ("Le roi des rois" - 1961, de Nicholas Ray; "Les 55 jours de Pékin"
- 1963; etc.). Puis il s'est imposé progressivement comme acteur
(une
centaine de rôle en cinquante ans de
carrière). Il s'est fait également
scénariste
puis metteur en scène et est devenu vraiment
célèbre
comme acteur sous le nom de Paul Naschy puis réalisateur, en
interprétant Waldemar Daninsky, un loup-garou dans une bonne
dizaine de films dont "Las noches del hombre-lobe" ("Les nuits de
l'homme-loup" - 1968) et "La marca del hombre-lobe" (Les vampires du Dr
Dracula " 1968), etc.; avant de diriger lui-même en 1980, "El
retorno del hombre-lobo", où il reprenait son rôle
fétiche. Et en 2005 le public put encore une fois le voir en
homme-loup dans le film "Um Lobisomem na Amazôni" du
brésilien Ivan Cardoso. Jacinto Molina est également un
écrivain
de cinéma fécond avec une quarantaine de scénarios
à son actif. "Los cántabros" est son
septième film sur la petite quinzaine qu'il réalisa
entre
1976 et 1992. Pour ce film il est derrière la caméra mais
aussi devant
en interprétant l'adversaire romain du chef cantabre, le
valeureux Agrippa, compagnon de toujours d'Auguste.
L'argument du film a été mis au point par Joaquin
Gómez Saiz, un homme de cinéma lui aussi assez étonnant.
Né en 1940 à San Bartolomé de Soba
(Cantabrie), également champion d'haltérophilie, il se
fit
remarquer par un producteur allemand alors qu'il faisait son service
militaire aux Canaries. Il commence à faire de la figuration
dans des péplums et des films "tarzanesques" au milieu des
années soixante. Et il acquiert une
certaine célébrité d'acteur musclé dans les
années soixante-dix sous le nom de Dan Barry. De par ses
origines, Joaquin
Gómez Saiz s'était mis en tête depuis longtemps de faire
un film sur, si l'on peut dire, ses lointains ancêtres les
Cantabres. Et le projet voit le jour en 1979. Joaquín
Gómez Saiz incarne ainsi Corocotta le chef cantabre.
Aujourd'hui Joaquín Gómez Saiz, alias Dan
Barry, est bien oublié. Et pourtant il écrivit, réalisa et joua un espèce de Conan
à l'espagnole, "Tunka el guerrero" (1983), avec dans la
distribution et pour un petit
rôle Bartabas, le futur directeur du cirque équestre
Zingaro. Joaquín poursuivit son expérience de
réalisateur avec "Perdidos en el tiempo" (1983) qui raconte
à la suite d'un explosion nucléaire la vie des rescapés sur une
Terre presque déserte et dominée par les femmes...
Les maquettes du film, et notamment, la reconstitution de la ville
romaine sont dus à l'extraordinaire décorateur Emilio Ruíz del Río qui mérite tout à fait la fiche que nous lui consacrons dans notre rubrique Histoire et cinéma sur www.don-alfredo-mayo.com, et s'il est moins connu qu'Alexandre Trauner, il n'en a pas moins un impressionnante carte de visite.
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Reconstitution de la residence de César et d'un camp romain
Maquettes d' Emilio Ruiz del Rio pour le
film "Los cántabros" |
La musique d'Ángel Arteaga est excellente et tout à
fait en adéquation avec le thème de l'histoire. À noter également un
très beau générique au début du film.
Quant à Alfredo Mayo, notre acteur préféré, il est amusant de
le voir dans le film "Los cántabros" (1979) interprétant le rôle de Lavaro, le
druide celto-ibère et plus précisément cantabre
qui galvanise le moral des troupes résistant à Rome et
que commande le Vercingétorix ibère, Corocotta, trois decennies après la fin de la guerre des
Gaules conquises par Jules César. En effet vingt ans plus tôt Alfredo Mayo, n'était pas cantabre mais Auguste lui-même dans "Les légions de
Cléopâtre(1959).
C'est dire s'il était à même de conseiller
Corocotta (Dan Barry), dans sa lutte contre Marcus Agrippa (Paul
Naschy), le fidèle ami d'Auguste (cette fois-ci joué par Andrés Resino)!
Il faut avouer que "Los cántabros" sont loin d'avoir
bénéficié des moyens des superproductions sur le monde
antique d'un Cecil
B.DeMille voire même des péplums italiens de Cinecittà. C'est
vrai les figurants sont rares,
les légions ressemblent plus à une petite section
d'hommes en armes qu'à des régiments
constitués (à
l'époque le numérique n'existe pas et l'on ne clonait pas
les personnages à volonté!). Le camp cantabre est bien
désert. L'esprit
épique n'est pas toujours au rendez-vous. On trouve même
des scènes qui se veulent comiques comme celles avec les pauvres
légionnaires qui se plaignent des moustiques et sont vaincus par une guerrière cantabre, la soeur de Corocotta (un
peu à la manière de certains films espagnols sur la
guerre d'Espagne contre Napoléon), et quelques opérations
séductions de Marcus Agrippa avec une belle esclave cantabre. Et
pourtant
nous
portons un regard indulgent et plein d'affection sur cette
production qui reste unique en son genre dans l'histoire du
cinéma espagnol et des péplums en général.
En effet tout comme le Roumain Sergiu Nicolaescu dans
son "Dacii"
(coproduction franco-roumaine distribué en France sous le titre
"Les guerriers" - 1966), mais avec des aides considérables de
son gouvernement,
avait fait revivre à l'autre bout de l'Europe la
résistance farouche de Décébale (qui se suicidera
aussi plutôt que de se faire prendre en 106 ap.JC) contre les
armées romaines de l'empereur Trajan (histoire également racontée par Dion Cassius), Jacinto Molina et
Joaquín Gómez, ont voulu avec malheureusement trois fois
rien, mettre en image la résistance, aux confins du monde occidental romain, de Corocotta contre Auguste (19
av.JC). Et ça c'est vraiment une belle et honorable aventure
cinématographique même si le résultat n'est pas
à 100 pour 100 au rendez-vous pour les puristes du genre.
À notre connaissance "Los cántabros" n'ont pas
été distribués hors d'Espagne et les producteurs
n'ont pas à ce jour jugé utile une réédition en
VHS ou DVD, pourtant ce film en vaut bien d'autres...Notons
néamoins que de très mauvaises copies d'une diffusion
télévisée ancienne semblent se
télécharger sur la toile... via la mule et cie.
 
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| Corocotta (Dan Barry) et son druide (Alfredo Mayo) dans "Los cántabros" (1979) |
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| Página creada el 16 de Mayo de 2009 -
Última versión : el 10 de Junio de 2009 |
| www.don-alfredo-mayo.com
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